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Des bornes de passage

Bienvenue sur la boucle transfrontalière « Sur le sentier des douanes » située dans les bois de Vosogne (Valleiry) et de Fargout (Chancy).

Historique :

Ville libre jusqu’à la Révolution, Genève est annexée par la France en 1798 puis rejoint la Confédération helvétique à la chute de l’Empire. Dans le cadre du remembrement de l’Europe en 1815, le nouveau canton de Genève négocie avec la France et le royaume de Sardaigne – qui possède le Piémont auquel est alors rattachée la Savoie – la possibilité de se fournir en franchise d’impôt auprès des paysans de son arrière-pays situés en territoires français ou savoyard. C’est ainsi que sont instituées deux zones franches autour de Genève, l’une au nord dans le département de l’Ain, dite zone de Gex, et une autre au sud en Savoie, dite zone sarde.

Le principe de ces zones franches est simple : elles sont, sur le plan fiscal, assimilées à des territoires sous souveraineté helvétique. Il n’y a pas de contrôles douaniers entre ces zones et la Suisse. Les bureaux de douane sont établis à la frontière entre ces zones franches et la France d’une part, le royaume de Sardaigne d’autre part.

Aujourd’hui :

200 ans après, le Genevois haut-savoyard bénéficie toujours de la présence d’une « zone franche » sur tout ou partie des communes situées à moins de 5 km de la frontière, qui permet aux agriculteurs d’écouler une partie de leur production en franchise de droits de douanes vers la Suisse, dans le cadre de quotas stricts (« contingents »).

Bien que confrontée à une pression foncière extrêmement forte, liée à la proximité de l’agglomération genevoise, l’agriculture est encore bien présente dans le « Bas Genevois ». Les productions sont diversifiées : arboriculture à l’ouest : Chevrier, Vulbens (pommes et poires sous Indication Géographique Protégée / IGP), mais aussi grandes cultures, viande bovine maraichage, volailles, centres hippiques…

Comme dans l’ensemble du département de la Haute-Savoie, la production laitière est cependant dominante, avec une production pour moitié transformée en AOP (Appellation d’Origine Protégée) « Reblochon de Savoie » et IGP « Tomme et Emmental de Savoie », et pour moitié vendue en Suisse, aux laiteries réunies de Genève (qui s’approvisionne pour moitié dans les zones franches de l’Ain et de la Haute-Savoie).

Le lait vendu en Suisse bénéficie d’un meilleur prix que le lait transformé en IGP. 27 exploitations de zone franche se partagent un contingent annuel de 12,3 millions de litres de lait. Le territoire compte une forte proportion d’exploitations en GAEC (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun), sur des structures importantes.

Sources :

D’une longueur de 14,3 km, la Laire prend sa source près du lieu-dit « Le Thouvet » à 745 mètres d’altitude sur la commune de Présilly. Elle traverse ensuite la commune de Viry, avant de marquer la frontière entre la France et la Suisse sur environ 7 km, en longeant les communes genevoises de Soral et d’Avusy. Elle traverse enfin la commune de Chancy (Suisse) pour se jeter dans le Rhône à 333 mètres d’altitude, en face de la commune française de Pougny.

Le vallon de la Laire :

Une zone alluviale d’importance nationale

Avec ses milieux naturels variés, le vallon de la Laire est l’une des cinq zones alluviales d’importance nationale du canton de Genève. Il doit son extraordinaire richesse biologique à l’alternance de sécheresses, d’inondations, d’érosions et de dépôts d’alluvions.

Il est possible d’observer, entre autres, le Martin-pêcheur et le Cincle plongeur, deux espèces d’oiseaux caractéristiques des cours d’eau. Mais aussi des insectes remarquables, parmi lesquels de beaux papillons comme le Flambé, le Machaon ou encore le Damier de la succise. Ajoutons encore la célèbre Mante religieuse, et, le long du cours d’eau, une des plus rares espèces de libellules du canton de Genève, le Gomphe à crochets.

La diversité des milieux permet également aux batraciens et aux reptiles de se développer dans les meilleures conditions. Très rare dans le canton, l’Alyte ou Crapaud accoucheur est souvent caché dans la végétation au pied de petites falaises. Le Triton alpestre, le Triton crêté et la Salamandre tachetée, le Sonneur à ventre jaune, espèces également rares, sont aussi présents au bord du cours d’eau.

La couleuvre vipérine est le serpent le plus rare de Suisse et le canton de Genève a la chance d’accueillir quelques-unes des dernières populations, en particulier au bord de la Laire.

Enfin, la situation particulière de la Laire a favorisé l’implantation de certaines espèces venues du Sud, parmi lesquelles beaucoup d’espèces rares ou menacées. Dans la région des Raclerets poussent, entre autres, quelques plantes telles que la Dent-de-chien, l’Isopyre faux-pigamon (deux plantes également présentent sur le Vuache), ainsi que la linaigrette à larges feuilles, unique station du canton de Genève. Vingt-sept sortes d’orchidées ont été répertoriées dans la partie française sur les cinquante-six que compte la Haute-Savoie, dont les ophrys mouche, bourdon et araignée.

Le gué de la Laire :

Ancien passage très fréquenté entre Valleiry et Avusy, voire Avully et le Rhône, le gué illustre, tout comme celui de La Grave (plus à l’Est), l’important réseau des voies de communications qui a existé durant des siècles dans cette partie très boisée et fermée du Genevois. Fort heureusement, les chemins de randonnée transfrontaliers mis en place en 2002 permettent de maintenir ces liaisons ancestrales.

Si le franchissement de la Laire, au plus fort de l’été, est tout à fait possible à pied sec par le gué, le passage est aisé par la passerelle métallique voisine de la place d’armes des Raclerets, rénovée en 2004, qu’on rejoint en cheminant sur la rive gauche, et où l’on passe la frontière marquée d’une encoche orange*. Peu avant la passerelle, le randonneur trouvera encore les indications pédestres permettant de rallier directement le village de Chancy, ou de s’enfoncer profondé­ment dans les bois en suivant le sen­tier des douaniers, pour rechercher la fameuse borne n° 25…

* Dans le secteur du Bois des Bouchets, plusieurs bornes ne sont étonnamment pas situées sur la limite territoriale. Il existe par contre une ligne frontière matérialisée par une petite encoche orange (sur une roche par exemple). L’érosion du vallon étant importante, la frontière, à cause des dépôts d’alluvions, n’a en effet pas pu être fixée durablement par des repères paysagers. C’est une particularité peu connue des lignes de démarcation franco-genevoises, lesquelles sont riches en situations analogues.

Sources 

  • Fiche-rivière n°6 « La Laire » – 2ème édition (2004) / Etat de Genève
  • Photo : C. Rampon / OT des Monts de Genève


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