Autrefois …

Découvrez le Pays du Vuache autrefois

Un voyage dans le temps pour découvrir les paysages et les villages du temps passé, avec des cartes postales anciennes datant pour la plupart des années 1895-1915.

Cartes postales et textes de Dominique Ernst

VULBENS

Composée des villages et hameaux de Faramaz, la Fontaine, Vulbens et Cologny, cette commune possède un vaste territoire de 1253 hectares qui s’étend du sommet du Vuache au bord du Rhône.

Cette superficie importante s’expliquant par le rattachement de la paroisse de Bans à celle de Vulbens au XVIe siècle.

Dans un texte datant de 1026, le village de Vulbens est appelé « Villa Wulbeengu ». Ce dernier mot, d’origine burgonde ou germanique, est formé du génitif « wolf » et du suffixe « inge », ce qui pourrait signifier « la ferme des loups » – des animaux depuis très longtemps présents dans le Vuache –, ou « la ferme de Wolf », du nom du propriétaire des lieux.

La paroisse de Vulbens, dédiée à saint Maurice, est très ancienne. Elle est déjà citée lors d’une donation à l’abbaye Saint-Maurice, en Valais, datant de l’an 1026. La commune abritait aussi un édifice d’importance aujourd’hui disparu, le château du Vuache, construit au XIIIe siècle par les comtes de Genève pour défendre la frontière qui les séparait du duché de Savoie.

Au bord du Rhône, près du hameau de Cologny, un domaine templier était établi au XIIe siècle non loin d’un gué permettant de traverser le fleuve.

C’est aussi le long du Rhône, entre Genève et le défilé de l’Ecluse, que Jules César aurait fait construire un mur en 58 avant J.-C. pour empêcher les Helvètes, population venue de Suisse centrale, de traverser le fleuve pour gagner la côte atlantique. C’est également sur le Rhône, près du fort l’Ecluse, qu’un éboulement en janvier 1883 fit un tel barrage sur le fleuve que le bas de la commune de Vulbens se transforma pendant quelques heures en un vaste lac !

Sur les pentes du piémont du Vuache, la commune compte aussi des châtaigneraies dont les arbres furent importés par les Romains et qui ont constitué durant des siècles une source de nourriture importante pour les populations de la région.

Aujourd’hui, travaillant en étroite collaboration avec les communes de Dingy-en-Vuache et de Chevrier, cette municipalité d’environ mille habitants s’est dotée d’un bel espace culturel, le Centre Ecla, offrant avec la MJC du Vuache un large choix d’activités et de manifestations aux habitants de la région.

1. Sur cette carte postale éditée par Gédéon Regard, photographe de Malchamps (Feigères), une vision assez bucolique du centre de Vulbens, avec la mairie-école et la fruitière (à gauche). Ces bâtiments remarquables de la commune ont été construits en 1876 (fruitière) et 1884 (mairie) sous le mandat de Bernard Gay, maire de 1862 à 1902. Sur le toit, une horloge fabriquée à Morez, dans le Jura.

2. La mairie-école, côté est avec la cour de l’école, dans un décor étonnement champêtre qui a bien changé depuis un siècle. La salle du conseil de la mairie abrite notamment un portrait de François Buloz. Né à Vulbens en 1803, il devint à Paris un homme de lettres reconnu. Il fut le rédacteur en chef de la Revue des Deux Mondes, ainsi que l’ami et l’éditeur de George Sand et de nombreux autres écrivains romantiques.

3. Une vue assez rare du cœur du village, avec l’épicerie Magnin et la boucherie Rattier. Ces commerces très présents dans les communes de la région jusqu’aux années 1950 ont presque tous disparus. Aujourd’hui, portés par le développement démographique du Genevois haut-savoyard, les commerces sont de retour dans les villages. En quelques années, Vulbens s’est ainsi doté d’une superette, de salons de coiffure, d’un cabinet médical, d’une boucherie et d’une fromagerie.

4. Le château de Faramaz fut construit au XVIe siècle sur le site d’une maison forte, en partie avec les pierres de l’ancien château du Vuache. Au XVe siècle, le hameau de Faramaz, très proche du chef-lieu de la paroisse, Vulbens, avait une tour qui administrait une petite seigneurie vassale de celle du Vuache. Vers la fin du XVIe siècle, cette seigneurie fut réunie à celle du Vuache. Le château fut agrandi au XVIIe siècle, dans la configuration que nous lui connaissons aujourd’hui.

 

5. Partie ouest du village de Vulbens, en direction de Chevrier. Sur la droite, l’hôtel-restaurant-café Magnin, ouvert en 1860 et aujourd’hui remplacé par l’établissement Gouverneur. Sur la gauche, au dessus du mur, le verger où se trouvait au Moyen-âge le château du Vuache. C’est également sur cet emplacement que se tenait autrefois la foire de Vulbens, les bestiaux étant attachés à des anneaux fixés dans le mur. Au fond à droite,l’école des Sœurs de la Croix.

6. Le village de Faramaz en hiver. Le nom de Faramaz date du Ve siècle et fait référence aux « Faramannis », ces hommes de la deuxième vague de colonisation burgonde qui ont créé de nouveaux domaines agricoles. Sur la gauche, la route qui monte à La Fontaine et à Raclaz, ainsi que le bâtiment de l’hôtel-restaurant du Vuache, qui abritait déjà des commerces à l’époque. Remarquez les pâturages qui montent assez haut sur les flancs du Vuache.

DINGY-EN-VUACHE

Dénommée ainsi pour ne pas qu’on la confonde avec la municipalité de Dingy-Saint-Clair, près d’Annecy, la commune de Dingy-en-Vuache est située à la jonction du Mont Sion et de la montagne du Vuache. Cette commune composée de quatre villages d’égale importance, Raclaz et Dingy à l’ouest, Bloux et Jurens à l’est, trône à une altitude moyenne de 615 mètres. Offrant des paysages bucoliques et un superbe point de vue sur la plaine du Genevois, la commune est néanmoins coupée en deux par l’autoroute A40 qui s’engouffre en ces lieux dans le tunnel du Vuache.

D’un point de vue historique, on peut noter la présence de Gaulois Allobroges à Dingy lors des premiers siècles de notre ère. Le ruisseau de la Vosogne, qui prend sa source dans la commune et se jette dans le Rhône en bas de Vulbens, porte d’ailleurs un nom celtique en lien avec une source divinisée. Le mot Jurens pourrait lui aussi avoir une origine gauloise et désigner un bois sur une colline. Colonisée par les Romains, Dingy portait autrefois le nom de Dingiacum et son territoire était parsemé de blocs erratiques laissés là par le glacier du Rhône, dont plusieurs pierres à cupules gravées par les hommes de l’âge du Bronze.

La paroisse de Dingy a existé du Moyen-âge à la Révolution, elle comptait quarante feux (familles) en 1411. Après 1803, elle voit son territoire partagé entre les paroisses de Vulbens et de Valleiry. Le village de Raclaz accueillait en outre une maison forte rattachée à la seigneurie du Vuache.

En 1756, le secrétaire de la communauté évoque une partie des terres de Dingy : « le territoire de la dite communauté étant le quart tant en broussailles, genevres, ruisseaux et en terrain partie aride et partie terres blanches et gluantes qui ne peuvent rien produire malgré tous les soins, l’on est obligé de laisser inculte cette partie du terrain ».

Cette commune de 650 habitants a connu d’importantes réalisations ces dernières années qui ont permis de rassembler en un seul lieu, à Dingy et près de la mairie qui a été agrandie, les écoles maternelle et primaire, la cantine et les services techniques, tous installés dans de nouveaux bâtiments modulaires.

Enfin, il n’est pas inutile de rappeler que Dingy-en-Vuache a deux singularités, elle fut la première commune de Haute-Savoie à élire une femme maire en la personne de Juliette Groz en 1945, et elle abrite sur ses hauteurs l’unique maison de retraite pour tigres et lions du département, voire de France !

 1. Dingy Raclaz

  1. L’une des rares cartes postales consacrée à la commune de Dingy, avec un joli rassemblement d’adultes et d’enfants sur la route traversant le village de Raclaz. La présence d’un poteau électrique indique que cette carte a été éditée après 1900. A cette époque, il y avait dans ce village une forge, une épicerie et plusieurs cafés. La route reliant Raclaz à Dingy, construite grâce au soutien de Fernand David, député radical de Saint-Julien, a été inaugurée en 1907.

 2. Dingy Jurens

  1. Belle composition sur cette carte postale éditée par le photographe L. Vial de Lancy (Genève), en visite dans la région du Vuache. Dans la cour d’une ferme du hameau de Jurens, deux femmes et trois enfants prennent la pose devant un superbe bassin bien protégé par un abri en bois recouvert de tuiles. En cette période estivale, trois chars à échelles avec timons à bœufs sont rangés devant la ferme et prêts à servir.

SAVIGNY

Cette commune située sur le piémont du versant nord-ouest de la montagne du Vuache s’appelait au temps des Romains Savignacum. Composée d’une dizaine de hameaux dont les plus importants sont Savigny (chef-lieu) et Murcier, elle a été successivement rattachée au canton de Chaumont (1793 à 1798), puis à celui de Frangy (1798 à 1815), avant de rejoindre le canton de Saint-Julien-en-Genevois.

La paroisse de Savigny, très ancienne, est déjà citée en l’an 1110 sur les registres de l’abbaye de Saint-Oyen de Joux (Saint-Claude). L’église actuelle, de style dorique avec coupole, a été construite en 1830, elle est dédiée à Saint-Denis. Elle est aussi l’une des rares de la région à avoir conservé un cimetière attenant au bâtiment.

La commune de Savigny fut au cours des siècles le théâtre d’histoires étonnantes et parfois tragiques. Durant l’année 1750, douze enfants furent ainsi dévorés par des loups sur le seul territoire des communes de Savigny et de Chaumont.

Surnommé le Pays des Ours, ce secteur doit ce sobriquet animalier à la présence de quatre ours de belle taille qui semèrent en 1818 une jolie pagaille dans la commune. Terrorisés, les Savignerands n’osaient plus sortir de chez eux et il fallut bientôt organiser une battue, avec notamment de fines gâchettes venues de Chaumont. Deux des quatre ours furent tués et les deux autres ne remirent jamais une patte sur le Vuache. On dit aussi que Mandrin, le célèbre contrebandier, s’invita en 1754 à Savigny à l’occasion du mariage du comte d’Antioche. Il prit un malin plaisir à se conduire en parfait gentleman face à une assemblée pour le moins terrorisée.

Savigny possède sur son territoire deux superbes pierres à cupules, ainsi que, à flanc de Vuache, deux grottes de belle taille qui furent habitées au temps de la préhistoire.

Dans la biographie qu’il a consacrée à la commune, l’instituteur Félix Fenouillet décrit ainsi les habitants de la commune en 1911 : « Savigny a une belle population, hommes et femmes y ont un air de santé et de vigueur qui fait plaisir à voir. Les hommes y sont en général de taille élevée et bien proportionnée ; ils ont les épaules larges, les bras musclés, la face ouverte, le teint coloré. La plupart portent des moustaches longues et soyeuses qui leur donnent une certaine ressemblance avec les anciens Gaulois. Les femmes sont moins grandes, plus sveltes et de physionomie agréable. »

Aujourd’hui, la municipalité compte environ 800 habitants et poursuit son développement en confortant notamment le rôle de chef-lieu du village de Savigny.

 1. Savigny

  1. L’école de Savigny, dont le premier projet date de 1882, mais qui sera finalement construite en en 1888. Situé au chef-lieu, à Savigny, ce bâtiment fut dessiné par l’architecte saint-juliénois Boymond et construit par l’entrepreneur Bertrand. L’école a été en service jusqu’en 2005, date à laquelle elle a été démolie et remplacée par deux petits immeubles. Pour conserver une trace de ce passé, le fronton de l’ancienne école a été intégré à l’un des nouveaux bâtiments.

 2. Savigny

  1. L’école de Savigny, ici avec une jolie vue sur l’église de la commune, c’est un peu une histoire d’eau et de feu. Bien située d’un point de vue géographique, cette école a été construite sur « un terrain humide, où dévalaient et s’amassaient les eaux d’une vaste combe dominant l’endroit». En plus de ces problèmes récurrents d’humidité, le bâtiment fut entièrement détruit par un incendie dû à un feu de cheminée en juillet 1911. L’école fut reconstruite en 1912.

 3. Savigny

  1. Murcier, le plus grand village de la commune. Une carte postale éditée avant 1908, date de l’arrivée de l’électricité à Savigny. À première vue, cette photographie donne l’impression d’un village un peu miséreux. Mais à y regarder de plus près ce n’est pas le cas, car on voit qu’il y a un trottoir bien marqué, chose rare à cette époque dans les petits villages, et que la maison à gauche possède un toit flambant neuf.

 4. Savigny

  1. Toujours le village de Murcier, mais avec une toute autre ambiance que sur la carte postale précédente. Une jolie vue bien animée de la rue principale, avec de nombreux enfants qui prennent la pose pour la photo. À noter à gauche l’enseigne originale du sieur Burnet, tout à la fois cafetier et forgeron. La fée électricité est arrivée et le forgeron empiète largement sur la voie publique avec ses roues et ses chars.

CHEVRIER

Appelée Chivriacum dans les manuscrits du XIVe siècle, la commune de Chevrier est située sur piémont oriental du Vuache, en face du fort l’Ecluse. Au fil des siècles, la commune a connu de nombreux occupants comme en témoignent des vestiges datant du néolithique (moins 8000 ans avant J.-C.) trouvés dans la grotte de Barme ou la statuette d’un Bacchus en bronze découverte lors de la construction d’une route, en 1870.

C’est aussi dans ce coin de pays qui a pour cadre l’étonnante légende de Sainte-Victoire, jeune fille de la région qui vit apparaître vers l’an 920 l’enfant Jésus à ses côtés. Elle construisit ensuite une chapelle à l’extrémité du Vuache, où elle vécut dans la paix jusqu’au jour où le site fut attaqué par des pillards sarrasins. Pour échapper à ses poursuivants, Victoire préféra se jeter dans le vide du haut de la montagne. Mais portée par la main invisible de Dieu, elle se posa sans encombre sur le rocher de Léaz, de l’autre côté du Rhône. Mainte fois reconstruite, la chapelle de Sainte-Victoire trône toujours avec majesté sur les crêtes du Vuache et fait l’objet depuis des siècles d’un important pèlerinage chaque lundi de Pentecôte.

Avant l’édification de la chapelle, la pointe ouest du Vuache fut un oppidum allobroge particulièrement bien situé pour surveiller l’entrée du défilé de l’Écluse. Et en 1863, c’est l’armée française qui étudia sérieusement la possibilité de construire des fortifications sous le secteur de Sainte-Victoire, pour compléter celles du fort L’Écluse.

La commune abrite également la plus ancienne église du canton, dédiée à Saint-Martin et datant probablement du XIVe siècle, dont les murs intérieurs sont ornées de remarquables peintures médiévales. Il y avait aussi autrefois au centre du village un superbe bloc erratique d’environ 30 m2connu sous le nom de Pira Novala (la Pierre Nouvelle).

En partie incendié par les soldats allemands lors de la libération du canton de Saint-Julien-en-Genevois, le 16 août 1944, le village de Chevrier a développé au début des années 1950 une importante activité liée à l’arboriculture. De nos jours, les exploitants de la commune entretiennent près de 70.000 arbres fruitiers qui donnent environ 2000 tonnes de pommes et de poires par an.

1. Belle composition de personnages et de matériel pour cette carte postale représentant la chapelle de Chevrier, dédiée à Saint-Martin et non à Saint-Joseph. Outre un superbe char à échelles, on y voit un paysan avec une hotte dans le dos et un facteur à bicyclette qui n’est pas sans rappeler son collègue de Jour de fête, le film de Jacques Tati. La chapelle est bizarrement insérée dans un autre bâtiment, qui appartenait autrefois aux chevaliers de l’Ordre de Malte.

2. Intéressante perspective pour ce chemin traversant le village de Chevrier, avec un effet d’optique qui donne l’impression que les maisons sont situées juste sur le Crédo, la pointe du Jura qui domine le fort L’Écluse. L’orthographe exacte de ce sommet est « Crêt d’Eau », car il y a des poches d’eaux dans la montagne, mais on imagine que les Catholiques de l’époque ont volontairement nommé « Crédo » cette montagne qui domine Genève, cette Rome protestante honnie.

3. Jolie vue du village de Chevrier blotti au pied du Vuache sur cette carte postale expédiée en août 1933. Point encore d’arboriculture, mais des vergers haute tige disséminés parmi les champs d’herbe destinés à accueillir du bétail. Bien que cette partie du Vuache soit très rocheuse, on remarquera que les pâturages, entrecoupés de forêts et notamment de châtaigniers, montent assez haut sur les flancs de la montagne.

4. Le pont Carnot sur le Rhône. Cet édifice, construit entre 1868 et 1874 avec des pierres de la carrière de La Foge, sur les hauteurs du Vuache, est l’œuvre de Sadi Carnot. Cet ingénieur des Ponts et Chaussées de Haute-Savoie deviendra président de la République française en 1887. Le pont a deux particularités : une grande arche, pour résister aux violentes crues du fleuve, et deux coupures, pour permettre une destruction limitée de l’ouvrage en cas de guerre.

CLARAFOND-ARCINE

Entre Rhône et Vuache, deux communes qui n’en font plus qu’une en 2006

Arcine

Cette paroisse, comme d’autres sur le plateau de la Semine, est une création de l’abbaye de Saint-Claude (Jura), entre le Ve et le VIIe siècle. Au VIIIe siècle, l’église d’Arcine était dédiée à Saint-Martin, tout comme celle de Chevrier, de l’autre côté du Vuache. C’était le saint préféré de l’abbé Oyen, supérieur de l’abbaye de Saint-Claude.

Au VIIIe siècle, les propriétaires de la maison forte bâtie sur le flanc du Vuache prennent le nom du lieu, devenant ainsi la famille noble d’Arcine. La maison forte est transformée en château au XIIe siècle. Cet édifice posé sur un éperon rocheux, couplé avec celui de la Cluse (le futur fort l’Ecluse), de l’autre côté du fleuve, verrouillait le passage du Rhône et de la route commerciale (depuis le port de Bassy, sur le Rhône) vers la plaine du Genevois et Genève. En l’an 1188, la famille d’Arcine semble s’éteindre et le château devient propriété des Comtes de Genève, qui le transmettent en 1226 au seigneur François de Lucinge.

Au fil des siècles, le château change plusieurs fois de propriétaires, avant de revenir, en 1712 et par mariage, à une famille d’avocats au Sénat de Savoie, les Collomb. Cette famille anoblie prend alors le nom de Collomb d’Arcine. Elle restera propriétaire du château jusqu’en 1894. Acquis en 1911 par Émile Bélime, ingénieur et haut-commissaire de l’Etat français, le château bénéficie d’une importante restauration.

Cette commune de 656 hectares comptait 263 habitants en 1861, elle n’en avait plus que cinquante, lorsqu’elle fut associée à sa voisine Clarafond en 1973, avant une fusion définitive en 2006. Ces deux entités avaient en commun de se trouver au cœur de la Semine, région peu fertile considérée au XVIIIe siècle comme l’une des plus pauvres de Savoie.

Clarafond

Limpide, le nom de cette commune vient du latin « clara » (claire), et du vieux français « font », il peut se traduire par « source, fontaine, eau de source ». La paroisse s’est même appelée « Claire Fontaine » au XIVe siècle.

Ce territoire était le siège de la seigneurie de Verboz, dont le château, datant de la fin du Moyen-Âge et devenu aujourd’hui une ferme, dominant la route menant à Arcine. En 1215, Clarafond figure dans la donation du domaine de Peillonnex à l’abbaye de Chézery (vallée de la Valserine) par le comte de Genève. Les vignes des coteaux de Clarafond sont d’abord exploitées par les moines de Chézery, puis par des paysans. Le premier d’entre eux fut un certain Louis Prodhon, habitant de Chézery qui vint habiter Clarafond et y fit souche. A cette époque, la Roussette du coteau de Tempoury, un cépage amené sur nos terres par la duchesse de Savoie Anne de Chypre, était renommée. Aujourd’hui encore, la commune fait partie du terroir AOC pour les vins et la Roussette de Savoie.

En 1411, la paroisse comptait 50 « feux » (famille, environ 3,5 personnes par feu), appelés en patois savoyard les « Clarafouni ». Cette population évoluera peu durant deux siècles, avant de connaitre une augmentation progressive, allant jusqu’à 569 habitants en 1881. Comme la plupart des communes de la région, Clarafond verra ensuite sa population diminuer régulièrement (271 habitants en 1968), avant de voir, comme ses voisines, une forte progression due à l’attractivité économique du canton de Genève. Clarafond-Arcine compte aujourd’hui environ 1100 habitants.

Parmi les curiosités naturelles de la commune, notons les Tines de Parnant, canyon creusé dans la molasse par le nant (ruisseau) du Parnant à son embouchure sur le Rhône, dominées par une cheminée de fées, située en amont des gorges, sur une colline.

CHAUMONT

Riche de dix siècles d’histoire, une commune à l’allure médiévale

Situé au pied du Vuache, ce joli village ayant conservé son allure médiévale tient son nom du vocable latin « calvus mons », qui signifie « mont Chauve » et désigne la colline sur laquelle est posée le château dominant le bourg. Cet édifice occupait un site idéal pour surveiller plusieurs voies stratégiques attestées depuis l’antiquité, la route entre Lyon et Genève passant par Seyssel (la route du Sel) et celle reliant la Franche-Comté et le Piémont.

Dès l’an mil, le bourg de Chaumont accueille foires et marchés, avec en particulier un important commerce de blé. Cette situation stratégique exceptionnelle justifie l’édification d’un véritable château fort en 1124 par les Comtes de Genève. Puis, en 1401, le château devient propriété de la Maison de Savoie en raison du rachat du Comté de Genève.

La prospérité du bourg est mise à mal à partir de 1601, à cause de la construction d’une nouvelle voie, reliant Genève à Lyon via Bellegarde en rive droite du Rhône, sur un territoire cédé à la France par la Savoie. En 1616, le duc Henri Ier de Genevois-Nemours tente de conquérir le duché de Savoie avec l’aide des Espagnols. Ses troupes campent à quelques lieues de Chaumont. Bien que délabré, le château héberge encore une petite garnison de Savoyards. Pour éviter d’offrir à l’ennemi un retranchement possible, le duc de Savoie ordonne alors la destruction des murailles du château.

Mais les ruines de ce château qui trônent avec majesté dans le paysage communal étaient visiblement chères au cœur des Chaumontois. Car pour consolider ces vestiges du passé, ils n’ont pas hésité à débourser la somme de 150.000 euros. Ces travaux de maçonnerie réalisés en 2006 à l’initiative de la municipalité et de l’association Ké Viva Chaumont ont été financés par la commune, le Conseil général, la Région Rhône-Alpes et par une souscription populaire.

Comme nombre de ses voisines, la commune a connu une expansion de sa population (de 453 habitants en 1793 à 635 en 1886), avant un fort exode rural (190 habitants en 1975), puis à nouveau une augmentation régulière (mais raisonnable) due à l’attractivité économique de Genève. La commune compte aujourd’hui plus de 500 habitants.

CHÊNEX

Une paroisse annexée par Viry, puis par Valleiry, avant de devenir commune autonome

Dénommée successivement Chenesium au temps des Romains, puis Cheynay au XIVe siècle et Cheynes au XVe siècle, la commune de Chênex se situe au centre d’un territoire vallonné dont les eaux s’écoulent dans la rivière La Laire, puis dans le Rhône.

De 1589 à 1667, Chênex fut une paroisse autonome avant d’être annexée à Viry jusqu’au concordat (1801). Elle fut ensuite unie à Valleiry jusqu’en 1841, date à laquelle elle retrouva son statut de paroisse indépendante.

Parmi les atouts de la commune, on remarquera un centre de village typique qui s’articule autour d’une place plantée de marronniers. Un porche couvert marquant l’entrée d’une ancienne propriété bourgeoise, ainsi qu’une fontaine et un lavoir, apportent une touche originale à cet espace ponctué de façades à l’architecture rurale.

La commune abritait également un château, dont il ne reste peu de ruines, et un moulin, installé en bordure du nant de Chênex et jugé peu rentable car, en plus d’être doté de très petites roues, « il était bloqué trois mois par le gel et quatre mois par la sécheresse ».

L’église de Chênex, de style néo-roman, a été construite en 1881. Elle abrite deux objets classés au patrimoine national, un tabernacle du XVIIe siècle venant de la Chartreuse de Pomier et une statue de la vierge datant du XVIIIe siècle. L’orgue de l’église, fabriqué en 1882, provient de la cathédrale d’Alger, d’où il a été expédié à Chênex par Monseigneur Léon Etienne Duval, célèbre évêque natif de Chênex ayant pris position contre la torture durant la guerre d’Algérie.

Si la commune comptait seulement 279 habitants en 1975, elle a depuis comme ses voisines connu un important développement urbanistique provoqué par l’attractivité économique de Genève. La commune de Chênex voit aujourd’hui sa population dépasser les 800 habitants.

JONZIER-EPAGNY

Une commune tout à la fois rurale et dynamique

Composée de trois villages, Jonzier, Epagny et Vigny, la commune de Jonzier-Epagny compte environ 800 habitants et se situe sur le flanc méridional du mont Sion.

Les paroisses de Jonzier et d’Epagny étaient autrefois distinctes et sont déjà évoquées dans des documents du diocèse de Genève datant du XIIIe siècle. Ces deux paroisses qui ont été visitées par François de Sales en personne en 1606 étaient respectivement dédiées à saint Maurice et à saint Sébastien. A la Révolution, en 1792, elles sont supprimées et l’église d’Epagny est vendue à un particulier. Après le concordat de 1801, les deux paroisses fusionnent tandis que les deux communes font de même en 1886 pour donner naissance à celle de Jonzier-Epagny.

Dans l’ancienne église d’Epagny, qui a aujourd’hui l’aspect d’une ferme, quelques vestiges de son passé religieux demeurent : un bénitier en granit, une poutre en molasse portant l’inscription « JHS » (« Jésu Hominum Salvator » : Jésus sauveur des hommes) surmontée d’une croix et d’une date, 1641, ainsi qu’une statue en bois de saint Sébastien vieille de plusieurs siècles.

A l’époque gallo-romaine, le village de Jonzier s’appelait Jonziacum et était situé sur l’antique voie romaine reliant Genève à Seyssel. Le territoire de la commune compte également un château, celui de Novéry, qui fut donné par le comte Amédée II de Genevois au seigneur Gauthier de Confignon en 1289, et qui est aujourd’hui une propriété privée.

Dotée d’une auberge communale, « la Goutte d’Or » et d’une boulangerie, la commune a réalisé d’importants travaux d’aménagement pour conforter le rôle de chef-lieu de Jonzier et sécuriser le centre du village, traversé par une route à forte circulation. La municipalité a mis en place un regroupement scolaire avec la commune voisine de Savigny et abrite également sur son territoire le stade du football club du Vuache, soutenu par six communes du secteur.

VALLEIRY

Un village devenu bourg grâce à l’arrivée du chemin de fer, en 1880

Valleiry doit probablement son nom à Valerius Caïus, fils de Titus, officier romain de la seconde légion, qui s’illustra lors de la bataille de Bibracte contre les Helvètes. Cet officier aurait édifié une domus (villa), première maison du futur village central de la commune. La Joux aurait également une origine romaine, avec sans doute un temple dédié à Jupiter (JO VIS) dans le secteur de ce hameau.

Village sans histoires au cours des siècles, les revenus de ces terres étaient principalement propriétés du Chapitre de la cathédrale Saint-Pierre, à Genève. La paroisse de Valleiry a été ballottée pendant la Réforme, tantôt catholique, tantôt protestante, avant de redevenir finalement catholique. C’est pourquoi l’église a des allures de temple. Valleiry existe en tant que commune depuis 1771 et un édit du roi de Piémont-Sardaigne Charles Emmanuel III.

C’est la construction de la ligne de chemin de fer PLM entre Bellegarde et Evian, avec une gare au cœur du bourg, en 1880, qui va amener une certaine prospérité à la petite ville et développer sa vocation commerciale et artisanale.

Parmi les personnalités de la commune, citons la famille Chautemps, dont plusieurs membres ont été maires, mais également ministres, députés ou sénateur sous la IIIème République. Le plus brillant d’entre eux, Camille Chautemps, a même été à plusieurs reprises président du conseil (premier ministre), il a notamment succédé à Léon Blum, en 1937.

Composée d’un bourg principal et de plusieurs hameaux et lieux-dits, la commune a connu depuis les années 2000 un important développement urbanistique. Bénéficiant d’un environnement naturel remarquable, avec les bois de Vosogne et de Chancy, et de nombreux aménagements touristiques et sportifs, cette municipalité de plus de 5000 habitants devrait continuer à croitre dans les années à venir.

VERS

Une commune au développement raisonnable et maîtrisé

La commune aurait été fondée par un citoyen romain répondant au nom de Vernus. Des vestiges d’une importante villa antique ont été mis à jour au lieu-dit « Bracosson », non loin de la voie romaine qui reliait autrefois Genève à Seyssel.

Formée de trois villages, Vers, Bellossy et Maison Neuve, la commune est située au carrefour de deux chemins empruntés par les hommes depuis la nuit des temps. La paroisse de Vers est ancienne, elle est déjà évoquée en 1259 dans un document des Chartreux de Pomier. L’église actuelle, dédiée à Notre Dame de la Nativité a été construite en deux temps et sous deux Etats ! Son clocher, datant de 1840, a été bâti dans un style néo-classique à l’époque du royaume de Piémont-Sardaigne. Alors que l’église, édifiée en 1870, dix ans après que la Savoie avait rejoint la France, présente un style néo-gothique.

Comme de nombreuses autres bourgades de la région, d’importants incendies ont presque entièrement ravagé au XIXe siècle les villages de Vers (1832, 1858) et de Bellossy (1856), dont le nom vient des bellosses, ces fruits âpres donnés par les prunelliers.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le curé du village, Claudius Fournier, a aidé de nombreux réfugiés juifs à gagner la Suisse. Cet engagement lui a valu à titre posthume en 1993 la médaille des Justes de l’Etat d’Israël. Après le conflit, ce curé a fait construire sur les hauts de Vers une statue de la Vierge à l’enfant, puis une chapelle, afin de remercier la Vierge Marie d’avoir protégé la commune durant la guerre. Cette chapelle offrant un superbe panorama sur Genève et le lac Léman est chaque année au mois d’août l’objet d’un important pèlerinage.

Résolument tournée vers l’avenir, cette commune au développement raisonnable d’environ 800 habitants est à l’origine, avec la rénovation de sa mairie-salle des fêtes, du premier bâtiment public à énergie positive du territoire de la communauté de communes du Genevois.

VIRY

Une commune au riche passé, et qui n’a pas fini de grandir…

Répondant au nom de Viriacum à l’époque romaine, la commune de Viry est, avec ses 2616 hectares et ses treize villages, la plus grande commune de plaine de Haute-Savoie. Située à proximité de la voie romaine reliant Genève à Seyssel, Viry a toujours été un bourg d’une certaine importance. Son église, de style renaissance à trois nefs, bâtie en 1844, est dédiée à saint-Maurice.

L’histoire de Viry est fortement liée à la famille du même nom, dont des représentants étaient déjà les seigneurs du lieu au XIIe siècle. Parmi ceux-ci, Justin de Viry (1737-1813), un noble doté d’une grande souplesse politique qui lui permis d’être successivement ambassadeur du royaume de Piémont-Sardaigne, puis citoyen-maire de Viry au temps de la Révolution, avant de devenir sous l’Empire préfet en Belgique, sénateur et enfin chambellan de Napoléon Bonaparte ! A ce titre, il est avec Geneviève Anthonioz-de Gaulle, l’unique Savoyard enterré au Panthéon.

C’est aussi sur le territoire de la commune de Viry que Charles-Emmanuel Ier, duc de Savoie, fit bâtir le fort Sainte Catherine dans le but d’attaquer Genève. Cet édifice sera toutefois détruit sans combat par les troupes françaises alliées des Protestants genevois. A l’occasion de ce siège, le roi de France Henri IV vint à Viry en décembre 1600 et séjourna à l’Eluiset. Il s’en est même fallu de peu qu’il ne soit assassiné en terres viroises, trahi par un de ses officiers, le maréchal de Biron.

Trois siècles plus tard, la cité sera aussi pionnière en matière d’aviation, avec la riche activité de Société Anonyme de l’Aérodrome de Viry (1909-1913), qui organisa notamment en août 1910 un meeting aérien rassemblant plus de 50.000 spectateurs.

Aujourd’hui, cette municipalité où a été réalisé le premier écoquartier de Haute-Savoie compte plus de 5000 habitants, et devrait poursuivre son développement dans les années à venir.


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